Cours 101 : Éducation Canine

Publié le par Johanne Parent

33676_chow_chow_2.jpg Cette race obéit qu’à un seul maître. Cette race est indépendante et n’est pas faite pour l’obéissance. Cette race n’est pas faite pour vivre avec des enfants. Cette race, c’est du gâteau, ça s’entraîne tout seul…

 

Vous avez sûrement déjà entendu de tels préjugés à propos de telle ou telle race?

 

Sachez chers lecteurs que rien n’est plus faux! Tout est une question de socialisation, d’éducation et de compréhension. Les chiens doivent être évalués en tant qu’individus et non en tant que race, sexe ou âge. Une bonne fondation est cruciale, alors choisissez un chiot qui aura été convenablement préparé et socialisé par l’éleveur.

 

Le chien ne fait jamais d’erreurs. Un chien agit et pense comme un chien. S’il y a une erreur, c’est le propriétaire qui en est la cause et non le chien. Soit le propriétaire n’a pas éduqué son chien convenablement à faire ce qu’il voulait qu’il fasse, quand il voulait que le chien le fasse. Soit parce que le propriétaire a mal jugé les capacités de son chien.

 

Si votre chien est plus qu’un simple bibelot, s’il est votre compagnon affectueux qui partage votre vie quotidienne, vous devez l’éduquer. Une éducation négligée mènera votre chien à une mauvaise interprétation de « qui » sont les leaders du groupe familial. Car n’oublions pas que le chien est un animal social et que la vie en groupe peut causer des problèmes lorsqu’il n’y a aucun leader perçu positivement par le chien.

 

J’entends déjà certains spécialistes du comportement « nouvelle génération » dirent que le chien et l’humain, étant issus de deux espèces différentes, ne peuvent vivre dans un concept hiérarchique. Ai-je prétendu le contraire? Ai-je parlé de dominant ou de soumis?

 

Le leadership n’a strictement rien à voir avec la hiérarchie, la dominance ou la soumission. L’art d’être un leader est donné à l’individu membre d’un groupe qui, par ses agissements et ses paroles, démontre une constance et une attitude positive dans ses intentions. Un leader est juste, compréhensif et utilise des méthodes non coercitives. C’est par son attitude et sa constance qu’un humain devient un leader. Pour votre chien, toutes vos omissions seront des permissions, c’est-à-dire une approbation silencieuse de votre part de faire ce qu’il souhaite.

 

Pour apprendre quoi que ce soit, un chien (un enfant, un cheval, un dauphin…) doit être capable de :

 

  • Percevoir le signal
  • L’interpréter correctement
  • Comprendre ce qui est demandé
  • Être capable de compléter ce qui est demandé
  • Être motivé pour répondre correctement
  • Être convaincu que la récompense en vaut la peine

 

 

S’il manque un ou plusieurs de ces éléments dans votre programme d’éducation canine, vous n’avez aucun droit d’être déçu du comportement ou des performances de votre chien.

 

Pour bien percevoir le signal, le chien doit voir votre signe de main ou entendre votre voix. Pour interpréter correctement votre demande, la clarté du commandement est primordiale pour éviter toute confusion. Pensez au principe du « Lassie-ici-assis ». Dans ces trois mots le sont « sssi » est dominant ce qui peut entraîner de la confusion chez l’animal. Le chien doit aussi savoir à quoi est associé le commandement (mot ou geste de la main) demandé. Il doit comprendre que « assis » veut dire mettre ses fesses sur le sol.

 

Physiquement et psychologiquement, le chien doit être en mesure de compléter ce qui lui est demandé. Un chien souffrant de dysplasie coxo-fémorale, ne pourra pas sauter des obstacles facilement. Un chien qui a peur des hauteurs doit d’abord surmonter sa peur avant de monter sur une passerelle. Un chien qui est méfiant envers les inconnus doit d’abord apprendre à les tolérer avant de respecter un « reste avec examen » comme demandé en concours d’obéissance. Un chien qui a un problème pathologique qui nuit à sa concentration a souvent besoin d’une médication pour « reconnecter » ses neurones.

 

En ce qui a trait à la motivation, plusieurs entraîneurs insistent sur le fait que la motivation est l’élément capital pour l’exécution du commandement par le chien.

En fait la motivation est directement reliée à votre relation humain-chien, c’est-à-dire à votre leadership. Si cette relation n’est pas stable et que le leadership n’est pas clairement établi en votre faveur, vous aurez de gros problèmes.

 

Depuis une quinzaine d’années, l’entraînement au « clicker » a pris une place importante et s’est beaucoup développé au Québec. Malheureusement plusieurs utilisateurs ont de pauvres performances avec cette méthode car ils oublient une chose importante : cette méthode centrée sur l’entraînement par association « click-bouffe » où chaque click mène à une récompense gustative ne renforce aucunement le leadership du maître ou la relation Homme-Chien. Il s’agit d’un conditionnement opérant, mais il n’agit en rien sur le leadership d’un groupe familial.

 

D’ailleurs, si le chien n’est pas gourmand de nature ou s’il n’a pas faim, pensez-vous réellement qu’il travaillera pour un bout de nourriture? La motivation première du chien pour bien travailler, c’est son propre bien-être.  Le chien ne travaille pas pour son propriétaire. Il ne travaille pas pour lui faire plaisir! Le chien doit vouloir recevoir l’approbation du leader et recevoir un bien-être psychologique sans quoi le travail ne sera pas motivant. D’où l’importance d’avoir établi un lien Humain-Chien positif et de respecter un leadership établi. Le chien ne doit pas vous voir comme une machine distributrice de friandises…

 

Un entraînement bien fait développe une relation constante de respect mutuel et d’affection entre le propriétaire et son chien. Voilà la vraie clé de la motivation. Et si le chien est convaincu que la récompense en vaut la peine, que son propriétaire sera satisfait et qu’en retour le chien obtiendra un certain bien-être, il exécutera ce qui sera demandé. Et surtout n’oubliez jamais de féliciter votre chien de façon spontanée, sincère et joyeuse!

 

 

Johanne Parent

Publié dans éducation canine