L'Homme, le meilleur ami du chien?

Publié le par johanneparent.over-blog.com

chien5.gifAimez-vous les chiens?


 « Bien sûr! Pourquoi cette question? »

 

Si c’est le cas, alors pourquoi la majorité d’entre-vous refuse de prendre ses responsabilités? Pourquoi le « JE », le « MOI », ce que l’animal m’apporte est-il le plus important?

La majorité des gens ne connaissent pas les besoins réels du chien. Lorsque ça devient trop compliqué, ils sont les premiers à se débarrasser de leur toutou « bien-aimé »! Peux d’entre-vous sont de réels amoureux et amis des chiens... Ça vous semble dur comme jugement?

Lorsque vous aurez lu cet article en entier, vous comprendrez et direz probablement comme moi…

 

Le chien se vend bien. En fait on se sert de son image pour embellir nos vêtements. On en fait des bibelots, des cartes de souhait, des bijoux et bien plus encore. Qui n’a pas déjà craqué devant la photo d’un adorable chiot Cocker à la mine si triste? J’ose qualifier ce côté marketing du chien de positif, mais qu’en est-il du côté négatif?

 

Pour plusieurs qui font le commerce du chien en chair et en os, le chien n’est qu’une pièce de viande, un objet qui rapporte du fric. Il n’y a pas que les fermes d’élevage et les usines à chiots (puppymills) qui utilisent le chien pour en tirer profit. De nombreux intervenants du monde canin, propriétaires de chiens, animaleries, écoles d’obéissance et même certains refuges utilisent le chien, en profitent et en abusent.

 

Qu’il soit reproducteur, vedette de cinéma, cobaye, gardien, thérapeute; il y a des chiens qui gagnent durement leur vie. D’autres, plus « chanceux », sont pomponnés, teints, parfumés et gavés. Ils paradent aux côtés de leur maître tel un objet de luxe, un bibelot vivant. Pour ce qui est des autres, ceux qui sont rejetés de la société, ils remplissent les refuges et sont tués « sans douleur ».

 

Ne vous leurrer pas! C’est la situation réelle du chien dans le monde contemporain d’aujourd’hui où consommation et accumulation de biens sont une course contre la montre.

 

Vous avez sûrement tous déjà entendu cette phrase : « L’argent mène le monde »

Malheureusement pour le chien, il fait partie de cette « machine à argent ». Le chien sert de revenu pour beaucoup de gens!

 

1. Les propriétaires de chien

 

Plusieurs d’entre eux souffrent d’anthropomorphisme. Ils croient leur chien jaloux d’un nouveau conjoint ou d’un nouvel enfant. Ils disent que leur chien se sent coupable d’un acte qu’il a commis (destruction, souillure). Ils aiment leur chien, lui procurent tout ce dont il a besoin (nourriture, jouets, gâteries) et ne comprennent pas pourquoi leur chien grogne et devient agressif. En fait, ces propriétaires ne comprennent pas le langage du chien. Ils oublient que leur chien n’est qu’un chien et qu’il réagit comme un canidé et non comme un humain.

 

Certains propriétaires sont égoïstes. Ils ont un chien pour combler leur besoin affectif, pour ne pas être seul dans leur appartement après une journée de travail ou encore pour remplacer un enfant.

 

Au Québec, des milliers de chiens sont abandonnés chaque année dans les refuges. La raison principale de ces abandons est le manque d’éducation des chiens. Ils hurlent, grugent, grognent, sont malpropres… bref les propriétaires mal renseignés ont négligé leurs devoirs et n’ont pas éduqué leur chien correctement.

 

Combien de chiens sont attachés, négligés, oubliés dans le fond d’une cour?

Combien de propriétaires promènent leur chien en les laissant faire leurs besoins sur les terrains publics ou privés SANS LES RAMASSER? C’est un manque évident de civisme!

Pourquoi les locataires ont-ils de la difficulté à trouver un logement où les animaux, chiens ou chats, sont acceptés? Tout simplement parce que bon nombre de propriétaires de chiens et/ou de chats manquent de civisme. Ils n’ont aucun respect des autres ou de leur propriété!

 

Depuis mes débuts en tant qu’éducateur canin en 1987, j’ai vu et entendu bon nombre d’histoires à ce sujet. Prenez ce jeune couple qui attachait leur chien après l’armoire de la cuisine parce qu’il était malpropre. Conclusion, le chien a grugé le carrelage du sol ainsi que l’armoire.

Et ce type qui refusait d’utiliser une cage pour l’éducation de son chiot parce qu’il trouvait trop cruel d’y enfermer son chien… mais lorsqu’il partait il l’enfermait dans la garde-robe en mettant une clôture de bébé devant son entrée. Un autre gars, enfermait le chiot dans la douche car c’était plus facile à nettoyer et enfin une jeune femme enfermait son chiot dans la salle de bain lorsqu’elle devait s’absenter. Le chiot voulant sortir de là, il a fait un beau trou dans le mur…

 

Combien de propriétaires râlent chaque année lorsque vient le temps d’acheter la licence municipale pour leur chien? Et dès que le chien est malade, plusieurs vont choisir l’abandon ou l’euthanasie au lieu de payer une chirurgie ou un traitement à leur chien...

 

Malgré des articles de plus en plus nombreux dans les magazines concernant l’importance de la socialisation et des tests de dépistage des problèmes génétiques chez les reproducteurs, de nombreuses personnes continuent d’acheter sur un coup de tête des chiots en animalerie… chiots qui proviennent trop souvent d’usines à chiots (puppymills).

 

Les gens se laissent berner par un vendeur… que ce soit à l’animalerie ou à l’école d’obéissance. Ils se font promettre mer et monde et dès l’achat du chien, ils regrettent déjà leur geste. Les gens refusent de payer le prix nécessaire pour l’achat d’un chiot provenant d’un éleveur de bonne réputation. Ils encouragent les usines à chiots en achetant leur chiot à rabais ou à prix inférieur via les petites annonces du journal, les animaleries ou les chenils multi-races.

 

Plusieurs propriétaires achètent un chien à poil long qui demande un brossage quotidien mais « oublient » de le brosser!?!? Vous avez sûrement déjà vu un Berger Anglais rasé? Pourquoi les gens qui choisissent un chien de ce type le font raser?  Pourquoi ne pas choisir une autre race tout simplement moins poilue?

 

2. Les éleveurs

 

Vous croyez que c’est plus rose de ce côté? Comme le mot éleveur désigne toute personne qui élève une portée (de race ou croisée), il y a malheureusement trop peu de vrais bons éleveurs honnêtes en qui on peut avoir confiance.

 

Il y a des éleveurs qui exploitent leurs chiens et d’autres qui les aiment réellement.

Il y a des éleveurs qui vendent leurs chiots aux premiers venus pour le fric et d’autres qui élèvent leurs bébés avec amour et recherchent pour chacun d’eux la meilleure famille possible.

 

Certains vont arnaquer les acheteurs en offrant un chiot moins cher s’il est sans papiers… Il est illégal au Canada de vendre un chiot de race pure sans que celui-ci soit enregistré dans un registre reconnu! Le coût de l’enregistrement au Club Canin Canadien ou à la Fédération Canine du Canada est de moins de $50 pour un non membre… alors l’éleveur qui vous demande $200 de plus pour un certificat d’enregistrement est un fraudeur.

 

Il y a vraiment de tout dans ce monde des éleveurs québécois. L’acheteur doit donc faire ses devoirs pour trouver le bon éleveur. Exigez des garanties! Vous n’achèteriez jamais une voiture neuve sans prendre la garantie du fabriquant. Alors faites pareil pour un chiot. Exigez une garantie minimale de 2 ans pour tous types de problèmes génétiques ou congénitaux nuisant à la vie normale du chien. La garantie peut se limiter au remplacement du chiot « défectueux » ou offrir un remboursement partiel ou total du chiot selon le cas.

 

3. Les écoles d’obéissance

 

Malgré leur publicité d’éducation sans douleur, la plupart des écoles continuent d’utiliser les méthodes coercitives d’il y a vingt ans. Et que dire de la fameuse pension dressage ou pension intensive… Le propriétaire se fait arnaquer par un vendeur et laisse son chien en pension pendant un mois dans une école. Pendant ce mois, le chien sera en cage ou en enclos 7 jours sur 7 et en sortira uniquement pour l’entraînement de 15 minutes quotidien, si le maître-chien en a le temps! Le chien pourra même développer des pathologies comportementales telles que l’aboiement excessif, la malpropreté, la peur, l’agressivité… Comme la plupart du temps le maître-chien a trop de chiens et ne peut faire son travail d’entraînement quotidiennement, beaucoup utiliseront un collier électrostatique pour parfaire le « dressage ». 

 

Le dressage à la protection familiale est encore pratique courante dans plusieurs centres canins du Québec. On y exploite les peurs du chien pour « développer sa confiance en lui ». Foutaises… Aucun respect du chien ni du client dans une arnaque pareille! Comment obtient-on un chien confiant en lui faisant peur? Et quelle est l’évaluation faite du propriétaire? Est-il (elle) réellement capable de contrôler un chien entraîné à la protection et ce, en toute circonstances? Si la réponse est non… alors ce chien devient une bombe à retardement. On ne sait jamais quand elle sautera à la figure de quelqu’un…

 

Plusieurs fois j’ai vu un chien imposant dont le/la propriétaire était incapable de retenir en session d’entraînement. Pour la sécurité du maître-chien, le chien était attaché à un mur ou une poutre de soutient! Si vous ne pouvez maîtriser, retenir votre chien en période d’entraînement; pensez-vous réellement être capable de le retenir lorsqu’il chargera une personne ou un enfant?

 

Plusieurs fois j’ai entendu des maîtres-chiens dirent à certains clients qui ne réussissaient pas les exercices d’obéissance avec leur chien : "Vous avez une Ferrari mais vous ne savez pas la conduire. Faudrait peut-être vous contenter d’une Civic."  Ce qui signifie clairement en langage maître-chien:Donnez-moi ce chien de lignée Shutzhund et achetez-vous un caniche!

 

4. Les animaleries

 

Saviez-vous qu’il a des dizaines de fermes d’élevage et d’usines à chiots qui écoulent leur production via les petites annonces des journaux et/ou les animaleries?

L’animalerie est un commerce qui doit être lucratif. Si on vous vend un chiot $600 c’est qu’il a été payé moins de $200… Et comme les tests de dépistage génétiques pour les reproducteurs sont dispendieux ils sont TRÈS rarement testés et donc vous achetez un chiot dont les parents pourraient très bien être atteint eux-mêmes de dysplasie ou de tares oculaires. Juste à titre d’exemple, le prix payé par l’animalerie ne couvre même pas les frais vétérinaire pour le test de dysplasie…

 

Si les animaleries vendent des chiots… c’est parce qu’il y a une demande. Sans demande, l’offre disparaîtra. À quand une loi interdisant aux animaleries la vente de chiots et de chatons? Car il ne faut pas se leurrer, on voit trop souvent dans les journaux ou à la télé des chiens saisis par la SPCA qui campagne contre les usines à chiots (puppy mills). Mais que font-ils contre les usines à chatons (kitty mills)? On n’en entend pratiquement jamais parler. Les chatons de race (Siamois, Persan, etc) qu’on retrouve en animaleries proviennent eux aussi d’usines de production! Une usine à chatons se cache bien dans un appartement du grand Montréal. On y enferme les chats dans une chambre. Ils ont eux aussi des cages empilées jusqu’au plafond! Mais comme les chats n’aboient pas; ils passent inaperçus plus facilement.

 

 

5. Les refuges

 

Comment se fait-il que plusieurs refuges du Québec soient autorisés à faire de l’élevage? C’est quelque chose qui pour moi est complètement ridicule. Un refuge, une fourrière n’est pas un élevage!

 

Un chien est amené au refuge (abandonné ou trouvé). Il ressemble à un chien de race pure (chien de type) et on décide de le garder pour élevage. On vend donc les chiots car c’est toujours plus facile de vendre des bébés que des adultes délinquants!

 

Saviez-vous que la plupart des refuges ne prennent pas la peine de téléphoner au propriétaire du chien retrouvé car plus longtemps il restera au refuge, plus il rapportera d’argent en frais de pension! Et s’il est non réclamé, il sera tout simplement vendu! Alors si vous perdez votre chien, ne téléphonez pas au refuge... allez-y en personne!

 

 

Mot de la fin


Comme vous le constatez, le milieu canin québécois n’est pas reluisant. La plupart des intervenants canins (animaleries, écoles, refuges) exploitent le porte feuille de l’humain propriétaire de chien…. et je n’ai pas parlé du milieu vétérinaire! Certains vétérinaires prennent leurs clients pour des machines à argent. Ils testent pour tout et pour rien… en prévention disent-ils. Prévention de quoi?

 

Pour certains vétérinaires honnêtes ce sera pour la santé du chien; mais pour d’autres moins éthiques ce sera pour la préparation de leur retraite.

 

Pour ma part, je trouve déplorable que notre gouvernement ne fasse rien. Il serait pourtant facile de faire une loi de gestion.

Un refuge sauve des vies et trouve de nouvelles familles. Un refuge n’est pas un éleveur.

Une animalerie qui ne vendrait pas de chiots ni de chatons… ce serait enfin le bonheur! Ou du moins un pas dans la bonne direction!

 

Un professionnel de la santé doit suivre et réussir une formation reconnue. Un professionnel du chien devrait faire pareil. Une formation professionnelle d’au minimum 800 heures pour devenir un professionnel du chien reconnu (éleveur, éducateur canin, maître-chien, entraîneur) est indispensable pour la protection des consommateurs. Quand sera-t-elle disponible au Québec? Si on opte pour un DEP, une seconde formation en comportement canin pourrait être offerte (niveau avancé). Et si on opte pour un DEC alors le comportement serait alors inclus dans la formation.


Quand aura-t-on droit à un DEC en « Techniques Canines »? Il existe pourtant depuis plus de 20 ans un DEC en « Techniques Équines »!!! 

 

Trois ans de formation temps plein pour devenir professionnel du chien, ça ce serait l’idéal!Sourire Avec un DEC on aurait ensuite la possibilité d’avoir une association de professionnels diplômés car pour le moment au Québec, il y existe trop de formations dites professionnelles qui sont non reconnues et totalement incomplètes. Des associations existent mais pour le bien être de qui au juste? Aucune reconnaissance réelle ni au niveau professionnel, ni au niveau académique n’existe. Ces associations prêchent pour leur paroisse et non pour le métier professionnel qu’elles représentent.


Johanne Parent

Publié dans coups de gueule

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