L’influence du père dans la socialisation des chiots.

Publié le par Johanne Parent

640 maman chien chiotsBon nombre de légendes urbaines circulent dans le domaine canin. L’une d’elle suggère que le mâle non castré est un danger pour de jeunes chiots. Un danger? Quel danger?


La mère est la première éducatrice des chiots. Dès leur naissance elle s’occupe d’eux. Elle les éduque graduellement à la propreté ainsi qu’à l’inhibition de la morsure. Elle complètera le sevrage d’elle-même lorsque ceux-ci seront prêts.


Le père, un chien bien socialisé et éduqué, saura accepter l’exubérance de jeunes chiots. Il aura sur eux une influence bénéfique et aidera la mère dans leur éducation. Il enseignera aux chiots l’inhibition de la morsure, l’autocontrôle ainsi que le respect hiérarchique canin.


La mère sera souvent plus tolérante face à l’exubérance des chiots que le sera le père. Avec lui, la discipline sera exprimée différemment et les chiots apprendront vite à faire la part des choses. Les chiots agiront de manière différente selon s’ils doivent faire face au père ou à la mère. Ça ne vous rappelle rien cette différence? C’est effectivement ce qui se passe souvent avec les petits humains aussi!


L’influence du père joue un rôle indéniable dans le développement psychologique de l’enfant. Il en est de même pour le chiot et son équilibre émotionnel.


L’éleveur qui provoque le sevrage hâtif des chiots et qui limite les contacts entre chiots et chiens adultes ne prépare pas ses chiots à faire face à la vie de chien de famille. Un chiot bien équilibré doit non seulement apprendre le langage humain, mais il doit d’abord comprendre et savoir interpréter le langage canin!


Trop de problèmes du comportement que l’on retrouve chez les chiens proviennent directement du fait qu’ils n’ont pas appris à décoder leur propre langage. Le chien mal équilibré s’identifiera parfois à l’humain créant ainsi un hyper attachement social entraînant des complications relationnelles.


Le langage canin est en partie inné et en partie appris. Le chiot n’ayant pas bien assimilé le langage canin devient un adulte asocial ou hyper social avec manque d’autocontrôle. L’asocial démontre une peur extrême des autres chiens et il se sauve ou il les agresse. Le chien qui n’a pas appris à décoder le langage gestuel canin peut aussi avoir de grandes difficultés à s’autocontrôler. Il perdra le contrôle et deviendra un chien qui veut toujours jouer en sautant sur les autres et ce, sans aucun respect de ceux-ci. Il considère les autres chiens comme ses jouets, ses possessions. Il ne sait pas jouer et crée des conflits dans le jeu.


L’éleveur est responsable des chiots qu’il produit. Pour se faire, il doit utiliser pour la reproduction uniquement des adultes sains de corps et d’esprit. Les tests de dépistage génétique et les tests de tempérament utilisés par plusieurs éleveurs consciencieux démontrent bien que la plupart d’entre eux se sentent concernés par la qualité des chiots produits.


Dans ce cas, pourquoi trop peu d’éleveurs investissent temps et énergie à bien préparer leurs chiots?


On entend souvent parler de l’importance de la socialisation aux humains, mais on oublie trop souvent que ce qui est primordial c'est : l’apprentissage du langage canin.


Un chien reste un chien. Il ne deviendra jamais humain peut importe ce que l’on fera. Il doit donc impérativement comprendre et maîtriser le langage canin afin de devenir un adulte équilibré possédant de bons autocontrôles.


L’apprentissage du langage humain se fera par la suite en associant un mot/geste à une action ou encore en associant une situation à une réponse.


Seul le chien équilibré pourra devenir un compagnon fiable et sain d’esprit possédant le contrôle de lui-même. L’éleveur sérieux fera donc tout son possible pour bien préparer ses chiots à la vie de compagnon familial. Il fera en sorte de favoriser les échanges interspécifiques (entre chiens équilibrés) ainsi que les échanges extra spécifiques (entre chiens et autres animaux incluant les humains).


Aux propriétaires ensuite l’obligation d’éduquer et de poursuivre cette socialisation de leur chien dans notre monde d’humain.

Johanne Parent

Publié dans élevage canin